Mois : janvier 2020 Page 1 of 2

Les textes de Dimanche

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Conte musical – Il faut venger Gervaise

Souhaitant faire histoire à la chanson et aux mesures sociales, nous nous sommes associées entre auteure, compositrice et illustratrice pour la création d’un conte original autour de la Commune de Paris (1871), du travail des femmes et l’histoire de la chanson politique. Le travail d’interprétation a rassemblé une centaine de personnes. A retrouver sur le site dédié www.ruedelacommune.com. Ruedelacommune a vocation à semer des graines pour des projets culturels et chantés autour de la mémoire sociale.

Vous retrouverez sur le site www.ruedelacommune.com tout le récit, les chansons de l’aventure collective Il faut Venger Gervaise.

 

 

 

 

 

Je n’suis pas sûre

J’n’suis pas sûre qu’on se passera un jour du ciel,
je n’suis pas sûre que ce qu’ils disent soit essentiel
Une chose est sûre c’est qu’ils font pour l’instant audience,
et toi ma belle ce qui te fait mal au ventre, c’est ton intelligence
Je n’suis pas sûre.
Que ce soit si évident
je n’suis pas sûre
que la fin est proche à présent
Je n’suis pas sûre
que ce soit si intéressant
eux, là ; partout tout le temps
Je n’suis pas sûre qu’on y courra tous acharnés
Je n’suis pas sûre que leur monde on puisse proposer plus désincarné
Une chose est sûre, c’est qu’on s’fatigue de tout ça
et là ma grande, ce qui t’fait l’eczema, c’est qu’on ne te fout pas la paix avec ça
Je n’suis pas sûre,
qu’on n’écrira plus de lettre de désertion au président
j n’suis pas sûre que jamais ne vous détrôneront nos enfants
je n’suis pas sûre même
qu’ils ne vous arracheront pas les dents
on ne maîtrise plus rien, tout part a volo dans l’éducation
j’nsuis pas sûre que tous les lycéens ne vont pas se venger
j’n’suis pas sûre de c’qu’invente la patience d’un prisonnier
j’ n’suis pas sûre qu’aucune massue n’ira se loger
dans vos trois quatre crânes
qui de l’espèce humaine se revendiquent d’être le reflet
Mais
si la peur vous vient
arrêtez-vous dès maintenant
car vous n’avez aucune idée,
de ce qui se trame sous vos pieds

j’irai boire un café chez toi

Un jour quand le monde s’arrêtera, j’irai boire un café chez toi ahah
Mais là pour l’instant quj’ai pas l’temps, j’ai pas le temps
mais j’le prend – rai !
Un jour quand le monde s’arrêtera, j’irai boire un café chez toi ahah
mais là pour l’instant j’ai pas le temps, mais j’le prend – drai !
Et j’embarquerais toute la rue avec moi si ça te va
On s’mettra à bloquer la grande route, juste parce que y’a trop dbises à donner
on verra que les passants sont tou-te-s, intéressant-e-s à regarder
On s’dira qu’on a la flemme de faire les courses
mais qu’on s’invitera à déjeuner
toute façon, sans métro tout le reste est trop loin
donc autant rester dans le quartier
Un jour quand le monde s’arrêtera, j’irai boire un café chez toi ahah
Mais là pour l’instant j’ai pas le temps, mais j’le prends-drai !
Mais là c’est la misère, j’ai oublié mon chargeur chez moi
On s’mettra à d’parler de je n’sais quoi
et les arrêts de bus deviendront des bancs
où tout plein d’vieux et vieilles ères
à la patience légendaire
nous diront qu’eux ont le temps
On se parlera de tout ce qui a changé
entre aujourd’hui et hier
pour s’rendre compte qu’au hasard des passions
c’est si beau de s’mélanger entre jeunes et vieux cons
Un jour quand le monde s’arrêtera, j’irai boire un café chez toi ahah

La valse à mille contretemps

Je crois qu’il n’y a plus rien à dire
la discussion doit s’arrêter là
je ne me tuerai pas à te prouver à toi
que nous sommes bien égales à toi
Juchés sur notre piedestal, on se croit capable de juger, on a inventé le mot normal avec tous ses p’tits dérivés, « normalement » « la norme sociale » et « l’hétéronormativité », la mise au point doit être globale il n’y a pas de « minorités ».
Qui pense que blanc est plus que noir
qui pense que il est plus que elle
que il et il font elles
et qu’un enfant ça n’s’invente pas ?
Qui pense que leurs familles sont belles ?
qu’il vaut mieux mourir moche que belle
et que toutes sont criminelles, celles qui choisissent c’qu’elles ne veulent pas.
(Ad. Lib.) autrement dit « à volonté ».

A quand nos filles ?

A quand nos filles entendront-elles « qu’elles »
ne sont pas « ils » ? qu’à cela ne tienne, conjuguez bien vos verbes
vos pronoms personnels qui ne reflètent que vous
et dans le monde ne se libèrent que des gens tels que vous
dans vos mathématiques les inconnus des équations c’est nous
Pensez-vous qu’un seul lopin de terre ne se soit libéré sans qu’un frère
n’ait eu la pensée d’une sœur à ses côtés
votre monde idéal n’est qu’un bijou volé
sur vos couronnez, leurs mains ensanglantés d’alliances sordides
et de produits pour repasser
Mais moi j’déteste repasser,
et elle déteste se marier
lui n’aime plus les filles
elle ne croit pas en son dieu d’avant
mais moi j’déteste avoir à vivre
tous ces films qui ont oublié
tout ce qui n’est pas blanc, pas amaigri
ou bien pas fan du prince charmant
Mais merde c’est la vie, laissez là aller
dans le fossé sans ses baskets avec un pantalon trop grand
puisqu’elle a pris les armes
au sud de l’Afrique
à Londres
au Rojava, il n’y a pas très longtemps
crois-tu nous apprendre quelque chose
maintenant qu’on connaît nos grand mamans
et elles, tu nous les avais cachées, sans faire exprès
ça commence tôt à reproduire les privilèges
j’comprends que ça se garde au chaud
le privilège de pouvoir dire…moi….sans trop se fatiguer
de n’avoir pas à subir d’imaginer mourir
un jour sous le soleil, le corps ensanglanté, car tu ne ressemblais pas à ce qu’il fallait
Mais qui est responsable de tout ce merdier ? Y a-t-il quelqu’un sur qui tirer ?
Faudrait que je bute mes amants, et serait-ce du terrorisme féministe ?
Puisque même ce mot n’appartient plus aux forces de gauche
(qui font beaucoup moins peur qu’avant)
il n’y a que les réactionnaires qui peuvent se targuer de faire parler la population
Il n’empêche que moi, dans tout ce merdier, je déteste repasser !
et elle détesterait se marier
lui n’aime plus les filles
elle ne croit pas en son dieu d’avant
mais moi je déteste avoir à vivre
tous ces films qui ont oublié
tout ce qui n’est pas blanc, pas amaigri
ou bien pas fan du prince riche et charmant.

Fiche technique

1er cas : Si le lieu est doté d’un système de son :

1 Micro chant
1 entrée Jack pour brancher la guitare
1 Pied de Micro

Quelques lumières

Une chaise haute
Une table haute

2e cas : Si le lieu n’est pas doté

Quelques lumières

Une chaise haute ?
Une table haute ?

3e cas : Si le lieu n’a vraiment rien

De l’aide pour décharger le matériel amené

 

 

Les meufs

On m’a raconté souvent l’histoire de cette colline
de cet homme qui
grimpe avec que le soleil décline
de cette envie de
liberté qu’une jolie demoiselle
va faire échouer en coupant ses ailes
La morale associée est horrible à entendre
asseyez vous mesdames messieurs
âmes sensibles, s’abstenir
L’homme, lui, veut s’élever quand bon lui semble
La femme elle est là, elle est là pour le retenir
Et pendant que toi tu voles dans les airs
nous on se débat dans cet imaginaire
qui nous permet au mieux d’être des femmes libérées
mais si fragiles, besoin de quelqu’un pour marcher
Il n’y a que la femme biensûr
qui gâche des grands hommes, le destin
Mais qui tient, qui tient, qui tient, alors, la laisse dans la main
Qui a inventé le mythe féminin
et qui s’y plie chaque jour, essayant d’en être un
Qui fait naître et très souvent allaite
et qui met le monde en miettes
Qui a les clefs du monde et fait n’importe quoi
impose ses codes, ses normes, sa nature et ses lois
impose des traumatismes
qui en peu de temps, et sans conscience ne s’effaçeront pas
culpa-bi-lise la femme qui de transmettre se doit
aux enfants, et aux grands,
qui ont besoin d’une maman
Il est pour vous sûrement plus facile d’être un
l’universel vous appartient
masculin
est le genre du neutre être humain
Et la nature évidemment parle pour vous
elle n’a rien demandé mais on lui attribue tout
tout c’qu’on fait de débile
toutes nos conclusions hâtives
notre inanalyse de nos différences respectives
traduites
en inégalité c’est risible
continuez à séparer des êtres indivisibles
Et le grand prétexte naturel
qui justifie un tel sort
l’homme court plus vite et peut tenir un plus gros effort
Mais si on abolit votre loi du plus fort
l’argument
l’argument n’a plus vraiment son pesant d’or

Combien de fois avons-nous du écouter tous vos con-seils sur la féminité ?
Moi je pensais que pour conseiller, fallait d’abord avoir connu le métier ?
Combien de fois m’a-t-on fait remarquer, que je ne m’étais pas rasée ?
Y-a-t-il vraiment une loi naturelle qui justifie le rasage des jambes et des aisselles ?
À ce propos,
en dehors de ça,
est-ce ton corps ou est-ce à moi ?
Puisque tu aimes les femmes, tu décrètes que tous sont à toi
Et j’exècre le pseudo traumatisme,
l’idée qu’on ne peut plus rien dire à cause du féminisme
sans radicalité je précise et j’insiste, pour que dorénavant en entier on existe,
messieurs, mesdames, les défenseurs du fossé qui nous sépare
et qui nos corps, mélange de genre et de couleurs, s’accaparent
que tant que vous penserez, que notre corps vous revient
en effet, en effet, ne dites plus rien
et Bravo vous avez créé des choses d’un pro-fond équilibre
une femme libre est moins libre qu’un homme libre
ce qui revient à la phrase universelle d’un autre : « tous les êtres humains sont égaux, mais certains sont plus égaux que d’autres. »
Hommes, vous avez vos héros, l’histoire est décrite par vos mots,
nous nous avons nos égéries, dont de plus la plus connue, est barbie
y’en a assez de penser que cette question est hors du temps,
et que par exemple le sexisme est surtout musulman
même la burka en iran, peut cacher des femmes plus libres, qu’on ne peut trouver
dans ce vieux pays des fran-çais
C’est par de nouvelles relations
que nous pourrions tout renverser
même ce temps qui nous prouve
qu’on ne peut pas nier
Notre égalité
Mais voyez, voyez où elle en est

M’en voudrez-vous beaucoup ?

M’en voudrez-vous beaucoup si je vous dis un monde
qui peut-être de leurs mots déviera un ptit peu ?
Le monde change c’est facile, mais qu’avons-nous encore ?
Pleurer c’est difficile, ça demande pleins d’efforts.
Ça demande.. de s’ouvrir… aux lendemains plus beaux
ça demande d’être institutrice, sans crayons et sans stylo
La tête sous l’eau ce monde, ne sourie pas beaucoup
moi j’aime pas le métro, j’trouve qu’on est trop en dessous,
en dessous des gens qui s’traînent sur du bitume pas joli
avec un style architectural qui n’vaut plus
y’a pas que moi qui l’dit.
Mémé, doit-on s’aimer, en pleine casse du travail ?
Assumer ce qui fait qu’on rit encore quand l’printemps s’taille ?
Non mais c’est quoi ces fous, qui rigolent, qui s’chamaillent ?
On dirait bien qu’elles jouent, à faire comme si c’était pas grave..
Peut-être, ne t’a-t-on pas dit, qu’effectivement l’heure est grave.
Peut-être, ne t’a-t-on pas dit, qu’effectivement l’heure est grave.
De surprises et d’amour, de joies et de folies,
juste c’qu’il faut pour « Toujours » faudrait encore parler de Paris
On fait des films d’amour, des films très très jolis
on fait des films d’amour, des films très très jolis
Mais qu’est-ce qu’elle n’a pas l’amoureuse ? Le chant d’tournesol est fait pour elle,
le travail de l’agriculteur, de l’actrice et du conteur, des résistantes et des grévistes,
et des ramasseuses de sel, et ça aussi c’est fait pour elle,
et des tomates jaunes et rouges, qui depuis 92, ne sèchent plus au soleil.
Mais qu’est-ce qu’il n’a pas l’amoureux ? Qui passe à peu près sur toutes les chaînes,
quand c’est pas l’heure des flics, les seuls travailleurs qui en valent la peine,
Mais qu’est-ce qu’ils veulent ces amoureuses ? Qui voudraient bien qu’le monde retarde
juste pour elles, rien qu’pour eux, la nuit, où d’autres triment et taffent ou travaillent
et manger des ptits déj pleins de miel, et des fruits qui n’sont même plus d’saison
du sel, du poivre et d’la moutarde, qui n’est même plus faite à Dijon, qui n’est même plus faite à Dijon.
J’vais remettre ma grand-mère sur la table, qu’aimait pas bien les rencontrer,
ceux dont les idées assassinent, l’idée, que le bonheur est ouvrier.
« Mais surtout, n’oublie pas de trouver les gens beaux. » ad vitam eternam.

Exigences

La vie, voilà c’que j’attends d’elle avant d’la vivre
Autre de me faire comprendre que je ne lirai pas tous les livres
je ne suis pas sur terre pour rien y faire
elle ne me prouvera pas le contraire
j’exige d’elle de me faire rigoler
j’exige de la même de me forcer à penser
rester les pieds sur terre et la tête dans l’éternité
avant de la commencer j’expose,
les craintes d’une humanité,
qui ne veut pas disparaître, et laisser place à une individue
qui ne possède aucune colère
sauf peut-être quand elle est cocue
Aimez si ça vous chante, moi je chanterai toujours l’amour
Riez, si c’est ainsi que nous fabriquerons les beaux jours
Je pars à la croisade contre l’absurdité
rejoins mes camarades dans cette lutte inachevée
Je veux m’ennuyer et perdre mon temps
je veux dépenser mon argent
j’aimerais le mot travail car il sera le mien
je n’parlerais pas d’bétail pour genre humain
je veux l’habit mais pas le moine
les pays mais pas les douanes
je veux l’explosion vitale
le souffle natale
des vies anormales
je veux les rides au coin des yeux
l’identité dans les cheveux
sourire farceur, regard vicieux, vaut mieux qu’aucune démonstration
Préfère celui qui ose agir, plutôt que celui qui donne les leçons
Préfère celui qui commet le péché, à celui qui dénonce le pếcheur,
critique ceux qui n’ont aucune sensibilité,
mais ne fais pas la guerre à nos graffeurs
Aimez… Les beaux jours…
Je veux bien aimer même si ça fait mal
je veux bien vivre de toutes mes entrailles
je veux bien admettre que le bonheur est éphèmère,
que nous aurons tous notre lot de misère
je veux l’eau pour raffraichir nos idées
je veux le feu pour brûler leurs billets
je veux la terre pour enterrer la détresse
et le vent pour partager les richesses,
Je veux la première pour le monde entier
le deuxième pour anéantir les inégalités,
la troisième libre et sauvage,
et le quatrième pour animer notre rage.

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