M’en voudrez-vous beaucoup ?

M’en voudrez-vous beaucoup si je vous dis un monde

qui peut-être de leurs mots déviera un ptit peu ?

Le monde change c’est facile, mais qu’avons-nous encore ?

Pleurer c’est difficile, ça demande pleins d’efforts.

Ça demande.. de s’ouvrir… aux lendemains plus beaux

ça demande d’être institutrice, sans crayons et sans stylo

La tête sous l’eau ce monde, ne sourie pas beaucoup

moi j’aime pas le métro, j’trouve qu’on est trop en dessous,

en dessous des gens qui s’traînent sur du bitume pas joli

avec un style architectural qui n’vaut plus rien,

y’a pas que moi qui l’dit.

Mémé, doit-on s’aimer, en pleine casse du travail ?

Assumer ce qui fait qu’on rit encore quand l’printemps s’taille ?

Non mais c’est quoi ces fous, qui rigolent, qui s’chamaillent ?

On dirait bien qu’elles jouent, à faire comme si c’était pas grave..

Peut-être, ne t’a-t-on pas dit, qu’effectivement l’heure est grave.

Peut-être, ne t’a-t-on pas dit, qu’effectivement l’heure est grave.

De surprises et d’amour, de joies et de folies,

juste c’qu’il faut pour « Toujours » faudrait encore parler de Paris

On fait des films d’amour, des films très très jolis

on fait des films d’amour, des films très très jolis

Mais qu’est-ce qu’elle n’a pas l’amoureuse ? Le chant d’tournesol est fait pour elle,

le travail de l’agriculteur, de l’actrice et du conteur, des résistantes et des grévistes,

et des ramasseuses de sel, et ça aussi c’est fait pour elle,

et des tomates jaunes et rouges, qui depuis 92, ne sèchent plus au soleil.

Mais qu’est-ce qu’il n’a pas l’amoureux ? Qui passe à peu près sur toutes les chaînes,

quand c’est pas l’heure des flics, les seuls travailleurs qui en valent la peine,

Mais qu’est-ce qu’ils veulent ces amoureuses ? Qui voudraient bien qu’le monde retarde

juste pour elles, rien qu’pour eux, la nuit, où d’autres triment et taffent ou travaillent

et manger des ptits déj pleins de miel, et des fruits qui n’sont même plus d’saison

du sel, du poivre et d’la moutarde, qui n’est même plus faite à Dijon, qui n’est même plus faite à Dijon.

J’vais remettre ma grand-mère sur la table, qu’aimait pas bien les rencontrer,

ceux dont les idées assassinent, l’idée, que le bonheur est ouvrier.

« Mais surtout, n’oublie pas de trouver les gens beaux. » ad vitam eternam.