J’aurais appris à me demander
les couches de raison de pourquoi c’est là ça
J’aurais lu celles qui nous racontent
les sociétés détruites,
évaporées,
Précurseures du duel
entre ce qui est et ce qui n’est plus
La publicité nostalgique nous parle de douceur
elle est pourtant une marque d’ancienneté de notre survie
De l’Odyssée des temps
J’aurais laissé ouvert pour les survivantes qui sauvegardent
un bout de langue
un raisonnement marginalisé
Face à qui on dressait
des tableaux de raison libérale
Pour qu’elles lâchent
mais qui n’ont pas lâché
Et place à ce courage
J’aurais appris à m’encorder
Penser la vie au milieu des angoisses
On est fatiguées
La vie visiblement
La Vie invisiblement
La liberté est le fondement
Elle précède la grammaire
J’aurais appris à écouter
l’organisation depuis les cris
d’Alerte
Et place à la science en place publique
J’aurais appris à craindre
à risquer d’avoir besoin des autres
appris à désirer
que nous soyons unies
Et nous l’avons été parfois
Ne pas nous-même arracher
les grands efforts de vie
confondre la critique avec les gnagnagna
Il n’a pas toujours été donné le nom des places publiques
aux malfaiteurs
Aujourd’hui, on résiste
J’aurais appris que peut-être
si nous avions encore le choix
nous nous vautrerions encore
dans ce qui est inadmissible
depuis le tout début
Toute latitude comprise
CA-PI-TA-LISME
J’aurais saisi enfin
que la survie se côtoie
dans une patience urgente
Elle nous dit ce qui est rare à tous les étages
Et nous fait relever le niveau
Relever le niveau oui
des eaux montantes
J’aurais supprimé tous les Il faut
pour ne garder qu’une option
Pour crier, mes petits anges,
que c’est au culot
qu’il faut faire la Révolution.
Mymytchell, 26 Juin 2026.

Fenêtre sur glacier

