Poésie en rappel 1.26

J’aurais appris à me demander

les couches de raison de pourquoi c’est là ça

J’aurais lu celles qui nous racontent

les sociétés détruites,

évaporées,

Précurseures du duel

entre ce qui est et ce qui n’est plus


La publicité nostalgique nous parle de douceur

elle est pourtant une marque d’ancienneté de notre survie

De l’Odyssée des temps

J’aurais laissé ouvert pour les survivantes qui sauvegardent

un bout de langue

un raisonnement marginalisé

Face à qui on dressait

des tableaux de raison libérale

Pour qu’elles lâchent

mais qui n’ont pas lâché

Et place à ce courage

J’aurais appris à m’encorder

Penser la vie au milieu des angoisses

On est fatiguées

La vie visiblement

La Vie invisiblement

La liberté est le fondement

Elle précède la grammaire


J’aurais appris à écouter

l’organisation depuis les cris

d’Alerte

Et place à la science en place publique


J’aurais appris à craindre

à risquer d’avoir besoin des autres

appris à désirer

que nous soyons unies

Et nous l’avons été parfois

Ne pas nous-même arracher

les grands efforts de vie

confondre la critique avec les gnagnagna

Il n’a pas toujours été donné le nom des places publiques

aux malfaiteurs

Aujourd’hui, on résiste


J’aurais appris que peut-être

si nous avions encore le choix

nous nous vautrerions encore

dans ce qui est inadmissible

depuis le tout début

Toute latitude comprise

CA-PI-TA-LISME


J’aurais saisi enfin

que la survie se côtoie

dans une patience urgente

Elle nous dit ce qui est rare à tous les étages

Et nous fait relever le niveau

Relever le niveau oui

des eaux montantes


J’aurais supprimé tous les Il faut

pour ne garder qu’une option

Pour crier, mes petits anges,

que c’est au culot

qu’il faut faire la Révolution.


Mymytchell, 26 Juin 2026.

Fenêtre sur glacier